Partie 3 : Argo Navis! Les Armures du Destin

Chapitre 9 : Ténèbres, encore et toujours... - Yami, mata, soshite eien ni...

 

Un bastion constitué de minerai rouge. Une matière à mi-chemin entre la pierre et le métal, luisante comme le rubis, mais semblant suinter d'un liquide qui évoque au premier coup d'oeil le sang.

 

Telle est la forteresse d'Arès, le bastion où celui qui a juré de déclencher l'Apocalypse se tient.

 

Face à l'une des portes béantes, se tiennent Athéna et Poséïdon, parés de leurs armures. Et à leur suite, quatre hommes, vêtus d'armures dorées, appelées Ecailles d'Or. Ils portent également chacun une arme dorée brillant d'un éclat divin, les Armes de la Balance. En tout, deux lances et deux tongfa.

 

Kraken. Sirène Maléfique. Dragon des Mers. Chrysaor. Trois d'entre eux viennent de recevoir leurs Ecailles, et de jurer fidélité à Poséïdon.

 

Alors que les quatre hommes, semblables à des demi dieux parés d'or, échangent un regard déterminé, acquiesçant à la même interrogation muette, les portes de métal, les immenses battants rouge sang s'ouvrent enfin...

 

"Je ne sens plus le cosmos de Shaka... Il a du être..."

 

Sergueï ne parvient pas à achever sa phrase. Le plus puissant des Chevaliers d'Or a été mis hors course, et avec cela, c'est déja une partie de la tactique d'Athéna qui s'effondre.

 

"Je prie pour que nous arrivions aux Généraux Démoniaques... Dohko, Camus, Aiolos, Saga, Kanon... Nous avons besoin de vous plus que jamais..."

 

-"Ne t'en fais donc pas pour eux... Ils accompliront leur devoir, quoi qu'il arrive..."

 

C'est en ces mots que le clairvoyant Poséïdon, lisant clair en son général en chef, calme ses inquiétudes. Son regard ne s'est pas détourné des portes de métal, qu'il fixe d'un regard sévère. Même s'il ne le montre pas, lui, le Dieu des Océans, il craint ce qu'Arès a préparé. Et c'est avec un léger sursaut qu'il voit une cohorte de Berserkers apparaître derrière les pans de métal.

 

"Des Berserkers... Pft..."

 

L'Empereur des Mers chuchotte presque ces mots, y ajoutant un soupir de dédain, alors que ses yeux se ferment, et que se traits se crispent, signe de fureur contenue.

 

"Nous avons vaincu tes Maîtres d'Armes, et tu nous envoies encore de la piétaille..."

 

Alexer lui-même semble effrayé de voir le poing de l'Empereur trembler... de rage.

 

"ARES! JUSQU'A QUAND TE MOQUERAS-TU AINSI DE NOUS ?!"

 

Relevant la tête, comme pour faire face à la tour plantée au centre de cet édifice guerrier, c'est la voix d'un Dieu omnipotent qui s'adresse directement à un autre. Une voix qui résonne dans l'espace entier...

 

Pour seule réponse, un ricanement sinistre retentit du rempart... Accompagné d'un son macabre... Une lyre... Le plus effrayant n'était pas le ton sombre de cette musique, mais le fait qu'elle était mélodieuse... Tel un requiem sombre qui emporte l'âme vers les abysses...

 

"Qui est là ?!"

 

Sergueï lacha cette interrogation, à la fois surpris et méfiant. Accompagnant la mélodie, une dizaine d'hommes en armure sanglante légère, équipés d'instruments faits dans le même métal, apparurent. Un regard rapide permit de voir que ces soldats étaient équipés de trompettes de guerre. Et que devant eux se tenait un être en armure noire, paré d'une cape. L'armure aurait été une Armure d'Argent, si elle n'avait pas cette couleur sombre. Ce dernier se contentait de fixer les arrivants du haut du rempart, un sourire mauvais sur les lèvres. Et d'un même geste, ils portèrent leurs instruments à la bouche, et libérèrent la macabre tonalité de leurs instruments guerriers.

 

-"Non..." souffla Sorento. Ce dernier venait de comprendre.

 

-"Les trompettes de guerre d'Arès...!" fit Shiva.

 

Et comme portés par ce son, d'un même éclat, la lueur de furie s'alluma dans les yeux des Berserkers...

 

L'assaut des combattants du Dieu de la Guerre fut instantané, en un rugissement de fauve monstrueux.

 

Le bruit rapide d'un combat, où les techniques ne sont même pas déployées. Un assaut physique simple, coups de pied, de poing s'échangent.

 

Et soudain, une simple note suffit à briser l'assaut. Une note, puis une mélodie. Le son d'une flute. C'est bien le taciturne Sorento qui par sa seule cosmoénergie vient d'étouffer le son macabre. Les Berserkers sentent la volonté de combattre quitter leurs corps, à mesure que la douleur les submerge, privés de la folie furieuse.

 

Un sourire qui s'élargit, signe de satisfaction. C'est bien le mystérieux combattant en Armure Noire qui vient de constater la valeur de ses adversaires. Et une fraction de seconde, la cohorte a été repoussée... Chaque Berserker git au sol, mort.

 

Les quatre guerriers arborent un regard fier, mais visiblement, ces demi dieux se sentent insultés. Insultés qu'on leur envoie de simples Berserkers.

 

"Je vois... Sorento, c'est cela ?"


Enfin le mystérieux Chevalier Noir vient de parler. D'un bond, il vient de quitter le rempart, et d'atterrir au sol, tenant sa lyre dans ses mains. Sorento semble surpris. Non pas parce que son adversaire connaît son nom, mais par ce qu'il ressent autour de son adversaire... Les ténèbres à l'état pur. Même son visage semble masqué par les ténèbres et par le diadème de l'armure noire qu'il porte.

 

-"Et qui es-tu donc, ténébreux Chevalier à la Lyre ?"

 

Ces mots sont calmes, n'indiquant à aucun instant les émotions habitant le Mariner de la Sirène.

 

-"Je suis Erebe... Chevalier Noir de la Lyre... Seigneur d'Azura et depuis peu Commandant de l'Armée des Ombres..."

 

-"Je vois... C'est donc cela cette sensation que j'ai ressentie en te voyant... Tu es comme Keith de l'Aulos..."

 

-"Mes informateurs ne se sont donc pas trompés... Tu l'as donc vaincu..."

 

Sorento se tourne un instant vers ses compagnons.

 

"Cet homme sera mon adversaire. Avancez jusqu'aux tours des Généraux Démoniaques!"

 

Alexer s'interpose alors, voyant un nouvel obstacle au plan de bataille échafaudé.

 

-"C'est trop dangereux! Et si tu étais vaincu ?! Rappelle-toi ce que nous avions décidé! Nous ne serons pas trop de quatre pour aider leurs Majestés Athéna et Poséïdon!"

 

Il est des évènements rares, et tellement pleins de sens, qu'ils restent gravés longtemps dans les mémoires. Le regard de Sorento venait de se durcir, et c'est un regard noir qu'il lança à Alexer. Voir ce regard dans les yeux de Sorento, le voir tenir à combattre personnellement un adversaire étaient de ces évènements. Cela décontenança un instant Alexer, mais il n'en démordit point pour autant.

 

"Sorento...!"

 

-"ALEXER !"

 

C'est l'ordre de Sergueï qui vient de couper court à toute discussion. Pour Alexer, cet ordre n'est pas celui d'un supérieur, mais de quelqu'un qui a gardé la tête froide. Et même s'il a du mal à l'admettre, Sergueï a raison. C'est à contre coeur qu'il se tourne vers les portes grandes ouvertes.

 

(Sergueï) -"Même si nous ne sommes que trois face aux Généraux Démoniaques... Cela reste suffisant. Et de plus, ne doute pas de Sorento... Si nous doutons maintenant, tout ce que nous avons fait n'aura servi à rien!"

 

(Alexer) -"... Bien..."

 

Alexer vient de comprendre la stratégie de Sergueï... En ultime recours, il leur reste la fusion de leurs trois cosmos en une attaque...

 

"Oui... En ultime recours... Nous pourrions..."

 

Nénamoins il ne préféra pas finir cette pensée. Se concentrant comme le reste du groupe vers le but à atteindre, il reprit sa route.

 

"Sorento... Tache de survivre."

 

Ces mots furent bien prononcés par l'Empereur des Mers, mais Sorento reconnut en eux l'amitié que Julian Solo lui portait. Surpris une fraction de seconde, comme si une bouffée de chaleur montait en lui, il acquiesça silencieusement.

 

Bien vite, comme si le bastion avalait ceux qui entraient en son sein, les portes de métal se refermèrent... Laissant les deux combattants face à face, devant la muraille de l'imprenable forteresse d'Arès. Seule la poussière projetée par le vent faisait que la scène n'était pas figée.

 

Chacun des deux hommes s'observait.

 

"C'est étrange... Tu as été entraîné sur l'Ile de la Mort, mais je ressens quelque chose de totalement différent... Par rapport aux autres Chevaliers Noirs... Tout ton être dégage cette sensation... Les ténèbres..."

 

D'une voix mélodieuse, et calme, bien que dissimulant une once de curiosité, Sorento vient de prononcer ces mots. Malgré l'apparence anodine du dialogue, le combat a déja commencé.

 

-"C'est cela, Général de la Sirène... Plus encore que les Chevaliers Noirs, mon être est constitué de ténèbres... Contrairement à tout ce que vous pensez, les ténèbres ne sont pas réellement un élément à part entière... Ils peuvent exister en tant que tel, mais il s'agit plutot d'un concept qui s'associe à divers éléments de la réalité..."

 

A aucun instant le dénommé Erebe de la Lyre ne s'était départi de son sourire moqueur, et de son air supérieur. Sorento fronça les sourcils, comprenant la vérité dans ses mots...

 

"Jared de Pégase... Alors il associe cette horreur... Ce pouvoir... à ses coups pour créer la Mort Noire ? Il se sert des ténèbres pour corrompre la réalité ?! C'est cela son secret ?"

 

-"Hin hin hin... Tout à fait. La Mort Noire obéit exactement à ce principe." répondit le Chevalier Noir.

 

Sorento tiqua, restant un instant bouche bée, comprenant le terrible pouvoir mental de son adversaire. Ses pensées avaient été lues tel un livre ouvert. Erebe semblait toujours confiant, certain de connaître à l'avance les pensées de son adversaire.

 

"Et lui-même... Il semble totalement constitué de... de cette chose... Comme s'il n'était plus humain... Oui... C'est exactement ça que j'ai ressenti en Jared et en Garn... Leur vie... brûle d'une flamme... noire..."

 

Dans son esprit s'imposait l'image d'un immense brasier noir, où il jurait voir la silhouette des trois guerriers d'Arès, disposés en un triangle démoniaque. Et au centre de ces flammes de ténèbres, brûlait quelque chose d'à la fois apeurant, écoeurant et pourtant paradoxalement hypnotisant... Se sentant comme absorbé par cette obscurité, Sorento eut un haut le coeur, revenant à la réalité, haletant.

 

"Qu'il est doux de voir ton âme s'ébattre ainsi, à chercher une réponse qu'elle ne peut même pas envisager et qu'elle fait tout pour fuir... Avant de te tuer, je vais te révéler la vérité... Mais cela ne t'apportera aucunement le repos...  Au contraire, ton âme continuera encore de souffrir après la mort..."

 

Une étincelle de folie s'était allumée dans le regard du Chevalier Noir, disparaissant aussi tôt.

 

"Les Chevaliers Noirs, les Berserkers, ont tous été crées dans le but de mener le monde à l'ultime chaos... Et pour cela, quelques rares élus ont reçu une force qui dépasse l'entendement... Très peu sont capables de s'y éveiller... Jared, Garn et moi en faisions partie. Cette force, tu l'as deviné, il s'agit de ces 'ténèbres' qui sont une part de notre être..."

 

"Il existe une anomalie dans cet univers, quelque chose qui est supposé ne pas exister... Et dont la seule présence suffit à violer la trame de la réalité, de l'espace et du temps, provoquant un dégagement d'énergie inimaginable... La force du chaos à l'état pur!"

 

Sorento sentit son sang se glacer, comprenant enfin.

 

-"...! Non... L'anti-matière ?! Mais alors, tu veux dire que..."

 

-"Oui. La forme de cosmoénergie à laquelle nous sommes éveillés... Au delà du simple cosmos, existe un pouvoir qui n'est autre que l'anti-cosmos... Dévorant la réalité, corrompant la matière, cette force et ce savoir nous ont été donnés par un être dont l'existence est sur le même plan que le Seigneur Arès..."

 

-"Un être qui est sur le même plan d'existence qu'Arès ?! Mais de quoi parles-tu ?"

 

-"Hin... Inutile de te le dire, tu ne comprendrais probablement pas... Ton esprit se noierait et disparaîtrait dans la mer des ténèbres avant que tu commences à entrevoir la vérité... Mais sache seulement qu'il peut rivaliser avec Arès..."

 

'Plus profond que les ténèbres de l'Hadès... Plus froid que la mort elle-même... Il est celui qui règne sur la Nuit Eternelle...'

 

Sorento tiqua. Ces mots semblaient prononcés avec une intonation particulière, comme si... comme si plus encore que de décrire une force, ils tentaient de l'appeler, de l'invoquer... Ces mots étaient presque ceux d'un fanatique, d'un prêtre invoquant un Dieu.

 

-"Et l'usage de sa force, l'usage de ce pouvoir des ténèbres dans cet univers fait de cosmos et de matière... provoque l'explosion de la force du chaos..."

 

Dire que Sorento était abasourdi était un euphémisme. Sa conception de la réalité venait de s'effondrer en un instant. Et le fait qu'il n'ait pas réalisé avant la vérité que venait de lui énoncer Erebe amplifiait son désespoir.

 

-"... Si ce que tu dis est vrai, ta défaite sera une bénédiction pour l'humanité... Il m'est totalement impensable qu'un humain aie pu renier à ce point sa propre nature..."

 

La colère perçait dans la voix fluide et douce du Mariner.

 

-"A vrai dire... Du temps où j'étais encore un être humain ordinaire, je n'avais pas souhaité cette transformation... Mais j'ai fini par accepter que c'était mon destin... Et je ne le regrette pour rien au monde..."

 

Sorento peinait à garder son calme et sa froideur face à son adversaire. Dissimuler ses émotions était sa spécialité, et pourtant il luttait. Il se sentait sur le point de céder à chaque instant.

 

-"Mais alors... Qui donc sers-tu ? Arès... ou bien..."

 

Le Mariner ne trouvait pas ses mots, trahissant son hésitation et son doute. Cela amusait grandement Erebe, le mystérieux Chevalier Noir, celui qui n'était désormais plus un être humain ordinaire.

 

-"'Plus sombre que le crépuscule, plus écarlate que le sang... Il règne sur la Guerre et la Destruction.'

 

"Ces mots sont ceux qui appelent le Seigneur de la Guerre, Arès... Oui, je lui ai juré fidélité... Car il poursuit lui aussi le but que nous nous sommes fixés... Atteindre l'ultime chaos..."

 

-"C'est effectivement ce que chaque Berserker que nous avons vaincu prétendait..."

 

L'ultime chaos. Sorento connaissait le sens de ces mots. Mais il n'arrivait pas encore à l'accepter...

 

-"Comme tu le sais, le monde et l'univers sont nés du chaos... Je ne connais pas exactement les intentions d'Arès, mais il est question de purifier l'humanité de sa faiblesse... Pour la voir renaître plus forte, enfin capable de combattre par elle-même ceux qui l'oppressent!"

 

Ces mêmes mots avaient été prononcés devant Athéna il y a quelques heures par un autre homme. Mot pour mot cela avait été le discours tenu par le Général Arzan, ou par Arès, à Athéna... Cette fois Sorento se contenta d'accepter les faits, fermant les yeux, comme pour acquiescer. Le doute sur les intentions d'Arès n'était plus permis...

 

-"L'humanité a probablement besoin d'évoluer... Mais j'ai fini par comprendre. Grâce à Shun d'Andromède... que cela n'était pas la solution... D'un simple massacre, d'une annihilation totale ne naîtra rien de bon... La destruction aveugle appelle plus encore de destruction, quel que soit le nom qu'on lui donne."

 

A ces mots, Sorento laissa tomber au sol le tongfa doré qu'il tenait dans son autre main. Le Chevalier Noir fixa l'arme d'un regard neutre un instant. C'était une arme puissante, qui aurait pu faire pencher la balance dans le combat. L'ironie de la situation ne lui échappa pas.

 

-"Hin! Tu insinues donc que tu renonces au combat ?" moqua le Chevalier Noir à ce geste.

 

Cette fois Sorento plongea son regard dans celui de son adversaire, affichant toute sa détermination. Le doute s'était évanoui de son esprit.

 

-"C'est toi qui ne comprends pas, Erebe... Ne confonds pas pacifisme et non violence... L'annihilation totale n'est pas une solution, c'est bien ce que j'ai dit... Mais face au véritable démon, face au mal absolu, l'annihilation est hélas la seule solution. Et tu viens de m'en convaincre... Bien que j'abhorre la violence, je souhaite que ton agonie ainsi que celle d'Arès soit longue et douloureuse..."

 

Enfin le Mariner révélait son cosmos, tel une mer dont le calme vient d'être troublé. Prenant une posture de combat, il avait porté sa flute à ses lèvres, s'apprêtant à jouer la mélodie mortelle.

 

"Dead End Symphony..."

 


 

Un lieu onirique, une métaphore spirituelle. Si d'aventure un spectateur pouvait voir de ses cinq sens cette scène, il ne verrait qu'un pentacle rouge sang flotter dans le vide absolu, cinq hommes parés d'armures diaboliquement magnifiques, chacun situé à une pointe...

 

Ce lieu n'est pas réel. Il n'est qu'une représentation de la communion des esprits, réaliserait rapidement le spectateur. Même si les cinq hommes - hommes ? - semblent proches, ils sont chacun dans leur tour de la forteresse d'Azura, séparés par plusieurs kilomètres...

 

-"Hahaha... Les Chevaliers d'Or sont pris au piège dans les couloirs... C'est beaucoup trop facile..."

 

-"Il en est de même pour les Généraux... Hahaha... Quelle pitié..."

 

-"N'oubliez pas l'ordre d'Arès... Nous avons assez joué, il est désormais temps! Eris, tu sais ce que tu dois faire... Concernant les Gémeaux..."

 

-"Oui... Mais j'ai bien envie de m'amuser un peu avec quelques uns d'entre eux..."

 

-"Tu as raison... Distrayons-nous un peu pendant que nous le pouvons..."

 

-"Laissons les Chevaliers d'Or aux Seigneurs d'Azura... Nous nous occuperons des Généraux!"

 

La première silhouette lève son épée. Et de la lame part un rayon d'énergie semblant se prolonger à l'infini pour disparaître dans le vide.

 

"LABYRINTHE DE DISCORDE!"

 

Une nouvelle fois, une silhouette féminine lève son épée, et le même rayon d'énergie en émane...

 

"LABYRINTHE DE VENGEANCE!"

 

Une troisième fois, cette fois c'est un homme qui lance le mystérieux rayon rouge sang de la lame de son épée.

 

"LABYRINTHE DE TERREUR!"

 

Une nouvelle fois.

 

"LABYRINTHE DE PEUR!"

 

Et enfin une dernière... Celui qui vient de lever son épée vers le ciel de ténèbres est différent, il porte une Armure bien plus sombre que celles de ses comparses.

 

"LABYRINTHE D'OMBRES!"

 

Alors que les cinq rayons fusionnent, le pentacle démoniaque s'achève de luire, disparaissant dans les ténèbres...

 

La forteresse d'Azura venait de prendre vie en cet instant, devenant une entité autonome, qui tel un être vivant détruirait les intrus en son sein...

 


 

"Arrêtez."

 

"Cela ne sert à rien d'avancer davantage."

 

Ces mots, c'est bien l'Empereur des Mers Poséïdon qui vient de les prononcer. Et y obéissant, tous s'arrêtent. Autour de lui, Athéna et les trois valeureux guerriers vêtus d'Ecailles d'Or, dans un sombre couloir de ce minerai rouge sang. Le couloir est étroit et peu illuminé, et par dessus tout, le liquide sanguin suintant des murs, donnant l'impression d'être les entrailles d'un monstre gigantesque.

 

"La cosmoénergie d'Arès nous empêche de nous orienter... C'est comme..."

 

-"Oui. Très certainement, Arès cherche à jouer avec nous... Mais il ne laisse jamais rien au hasard... Quelque chose... le gêne..."

 

C'est la divine Athéna qui vient de parler. Et ces mots sont froids, recelant cette haine contenue... La haine légitime, celle qui nait du désir de protéger, celle qui est dominée et qui ne devient pas une force de chaos. Et ces mots sont pleins de sens. Elle connaît le Dieu de destruction, et sait que ses mots sont proches de la vérité. Cela, Poséïdon et ses suivants le savent.

 

Poséïdon, Dieu vivant, pose sa main gantée de métal sur la paroi de minérai à l'aspect métallique, comme s'il sondait la forteresse entière, comme si sa présence se diffusait pour en comprendre chaque molécule. Ses yeux se ferment, un instant qui semble durer une éternité... Quand enfin il les rouvre, alors que sa main se retire, un grondement sinistre retentit...

 

"Je comprends... Nous nous sommes véritablement jetés dans la gueule du lion..."

 

Comme pour confirmer ces sinistres paroles, les murs semblent prendre vie, et... se déplacer pour former un nouveau chemin, et par là même en bloquer d'autres.

 

(Sergueï) -"Cette forteresse elle-même... Telle le palais de Mu de Jamir... Elle est... vivante."

 

D'un simple signe de tête, le Dieu vivant approuve.

 

"Arès ne cherche qu'à gagner du temps... Mais pour quelle raison ?!"

 

(Poséïdon) -"Oui, Arès sait très bien qu'un obstacle de cet ordre n'est rien pour nous... Mais écoute... C'est toute la forteresse qui semble se transformer... Les Chevaliers d'Or doivent s'être introduits à leur tour dans ce donjon maudit..."

 

-"Oui... Cela signifie qu'ils vont bientôt livrer bataille... Mais nous ne pourrons pas atteindre Arès tant que les Généraux Démoniaques vivront..."

 

Sergueï peste, se rappelant le défi lancé par Arès.

 

"Vous venez donc de le comprendre... Hin hin hin! Pitoyables Dieux de la Terre..."

 

Une voix sombre, méprisante et lointaine vient de prononcer ces mots, surprenant un instant les intrus au sein de la forteresse.

 

"En ces lieux nous sommes les Maîtres... Vous ne nous affronterez que si vos pitoyables Chevaliers d'Or parviennent à vaincre les Seigneurs d'Azura... Car ils détiennent les clés protégeant les cinq tours de l'Etoile Demoniaque..."

 

"Le labyrinthe du démon sera votre prison aussi longtemps que nous vivrons... Hahahaha..."

 

Sur un rire démoniaque la voix s'estompa... Et à ces mots, de nouveau les murs se transformèrent, isolant cette fois les trois Généraux de Poséïdon et Athéna...

 

"NON!"

 

Futilement, Sergueï cria sa surprise et son désespoir, voyant le mur de rubis s'élever entre lui et son Seigneur.

 

Son poing s'abattit sur la cloison, résonnant comme un son de cloche...

 

"Arès... Il a compris notre stratégie..."

 

Sergueï crispe son poing, réalisant une nouvelle fois son impuissance.

 

-"Rien n'est perdu. Nous pouvons encore avancer... Comme ils nous l'ont dit, ce labyrinthe durera tant que les Seigneurs d'Azura vivront. Dans ces conditions... Il ne nous reste plus qu'à prêter main forte aux Chevaliers d'Or. De plus... Athéna et Poséïdon vêtus de leurs armures ne risquent rien, ensemble..."

 

Shiva, l'homme de guerre à la Lance d'Or, fin stratège, arrive à accepter les évènements avec une certaine froideur.

 

-"Tu as raison. C'est ce qu'il y a de mieux à faire..."

 

Sergueï approuve, fixant le couloir qui se dessine désormais devant lui, s'étendant dans les ténèbres.

 


 

"Comment ?!"

 

Ce mot, c'est le Général de la Sirène Maléfique qui vient de le prononcer, mettant fin à sa musique.

 

-"Futilité, Sorento... Tu devrais l'avoir compris."

 

Le Chevalier Noir garde une posture neutre, laissant sa sombre cape recouvrir ses bras. Il ne semble pas avoir bougé, mais l'aura sombre qui se dégage de son corps trahit clairement ce fait. Il a paré l'attaque du Mariner.

 

-"Une contre-vibration... Ainsi tu produis une vibration dans l'air qui annule celles de ma musique..."

 

-"Je te l'ai dit : les ténèbres sont partout... Dans le son, dans l'air, tout autour de nous..."

 

-"Hm... Et pourtant tu as commis une erreur... majeure."

 

-"Quoi ?"

 

-"La nature réelle de Dead End Symphony... Tu aurais déja du la comprendre..."

 

Comme pour confirmer ses dires, plusieurs fissures apparurent sur la surface lisse du métal noir de la sombre Armure de la Lyre.

 

Un hoquet de surprise fut le seul son sortant de la bouche d'Erebe, alors que l'aura sombre autour de lui se faisait de plus en plus dense... Pour la première fois, Sorento vit le sourire sur son visage disparaître...

 

Un bref instant, avant de réapparaître, plus carnassier que jamais. Et c'est clairement la satisfaction qui se lit sur le visage du sombre combattant... La satisfaction de se repaître d'une proie facile a cédé place à celle de faire face à un véritable adversaire.

 

"Une attaque mentale et psychokynétique...! Félicitations. Je n'avais jamais pensé à une telle façon d'utiliser la musique... Il est vrai que les notes touchent le coeur infiniment mieux qu'un long discours... Néanmoins tu as aussi oublié une chose..."

 

"Shrouded in the Dark..."

 

La sombre mais élégante cape noire parant l'Armure Noire se déploya, recouvrant totalement le corps de son porteur... Et l'obscurité sembla l'avaler...

 

"Ceci... est mon pouvoir..."

 

A ces mots, le décor changea autour de Sorento, toute couleur disparaissant... pour céder place à une noirceur infinie.

 

"Une... Mer de ténèbres ?!"

 


 

Trois guerriers qui courent dans les couloirs sombres, semblant sans fin, tant leur motif est régulier. Toujours la simple et sobre architecture de briques rouge sang entassées les unes sur les autres avec une précision quasi divine.

 

"C'est pas vrai... On dirait que ça fait des siècles qu'on court et pourtant on avance pas!"

 

C'est l'impulsif Alexer qui vient de parler, trahissant son agacement.

 

-"Comme l'a dit Poséïdon... Arès cherche de toute évidence à nous isoler pour nous affaiblir... Cette forteresse est devenue un véritable labyrinthe."

 

Sergueï vient de lui répondre, sa voix est autoritaire, montrant une force de caractère certaine, mais dissimulant son propre malaise. Il sait pertinemment que leur situation n'est pas enviable, mais sa position l'oblige à rester maître de lui.

 

Soudain, enfin les ténèbres au bout du couloir s'estompent... Une lueur d'espoir illumine un bref instant les regards des Généraux...

 

-"Là! Nous y..."

 

...mais meurt aussitôt...

 

-"Encore un cul de sac... Mais à quoi est-ce que tout cela rime ?!"

 

Shiva lui-même semble décontenancé de voir son ancien maître agir de la sorte.

 

-"Eh bien, je ne vois plus qu'un seul moyen d'avancer..."

 

L'un des trois guerriers en écaille dorée, à l'imposante stature, s'avance, attirant l'attention de ses compagnons. C'est Alexer du Kraken qui vient de parler en ces mots...

 

"Puisque ces couloirs ne nous mèneront nulle part... Je propose de se frayer un chemin directement au travers de ces murs."

 

-"Oui... Il est vrai que nous n'avons plus grand chose à perdre..."

 

Sergueï, vite imité par les deux Mariners intensifie son énergie, illuminant bien vite totalement les couloirs rouge sang. Les coups fusent, martelant la paroi, mais sans plus d'effet qu'un marteau sur une cloche. Leurs efforts sont poursuivis pendant plusieurs minutes, Shiva déchainant sa lance, Alexer son froid et Sergueï les griffes du dragon contre la paroi...

 

Comme si cette démoniaque matière était animée d'une force supérieure, les coups n'ont aucun effet sur elle... Mais plus encore que cela, cette matière est si solide, que comparer l'armure ou l'arme d'un Mariner à ce minerai revient à comparer du verre à du diamant.

 

La conséquence logique ne se fait pas attendre... Un craquement sinistre, plusieurs fissures apparaissent sur les armures de Sergueï et d'Alexer au niveau des poings... Et même l'invincible Lance d'Or semble s'être émoussée contre cette barrière.

 

"Incroyable... Nos Ecailles... elles ont..."

 

Alexer semble ne pas croire ce qu'il voit. De larges fissures se sont formées sur les poings de son armure, et une simple chiquenaude suffirait à les achever...

 

-"Oui... C'est la force divine d'Arès lui-même qui renforce ces murs... Nous ne pourrons pas les briser ainsi..."

 

Shiva durcit son regard, réalisant enfin, jugeant de la réisstance du mur à l'état du tranchant de sa lance...

 

-"Cela me rappelle ce que le Chevalier de la Balance avait dit un jour... Ces murs semblent aussi solides que les Piliers de l'Empire de Poséïdon... Or, le seul moyen de détruire les piliers, n'est-il pas..."

 

Le guerrier d'origine hindoue, le frère de Krishna de Chrysaor continue à parler en ces mots.

 

-"Les Armes de la Balance..." complètent Sergueï et Alexer apparemment perplexes.

 

Un seul instant d'hésitation, mais qui devient vite certitude.

 

-"Utiliser les armes de la Balance..."

 

L'interrogation à voix haute de Sergueï voit pour réponse une aura lumineuse émaner de la Lance qu'il tient dans la main, rassurante et douce, telle une bénédiction...

 

"Athéna..."

 

Les deux lances d'or, le tongfa... Les trois Armes de la Balance tenues en main par les Généraux, comme si elles entendaient ces mots, se mettent à émettre leur aura propre, une lueur intense, presque solaire...

 

-"Mais que...! Les armes..."

 

Sergueï est presque contraint de lacher le trident qui se trouve dans sa main, l'arme désormais mue par sa propre conscience.

 

-"Elles... entrent en résonnance..."

 

Alexer sent également l'arme tenter de quitter ses mains, alors que la lumière qui en émane devient aveuglante...

 

-"Non... Pas seulement les armes de la Balance! La... La Lance d'Or aussi!"

 

-"... Je comprends. Poséïdon et Athéna veulent nous aider!"

 

Sergueï émet ces mots, machinalement, comme si l'évidence venait de le frapper, comme si l'illumination divine dissipait maintenant les Ténèbres.

 

-"Oui, après tout... Toute matière est forcément constituée d'atomes... Et tout ce qui a été crée peut être détruit! Ces murs ne font pas exception..."

 

Chacun des guerriers brandit les armes, reprenant espoir, oubliant l'échec de l'instant précédent.

 

-"Les armes nous guideront d'elles-mêmes désormais... Vers les failles dans la structure du mur... A nous de leur prêter notre puissance!"

 

Les trois approuvent d'un signe de tête, intensifiant une nouvelle fois leurs auras.

 

Un cri de guerre retentissant dans le donjon maudit, un flash de lumière accompagnant le contact du métal et du minerai, un mur qui se brise. Le minerai rouge sang ne résiste pas à l'arme divine, laissant une brèche béante dans la paroi du labyrinthe.

 

-"Ca a marché! Le labyrinthe d'Arès ne nous retiendra pas plus longtemps!"

 

Alexer explose littéralement de joie et de soulagement à la vue de la brèche, dans laquelle il s'engage...

 

"Eh bien... Vous êtes plus stupides que nous ne l'aurions cru, Généraux de Poséïdon..."

 

Une nouvelle fois, cette voix presque fantomatique, pleine de haine et de mépris. Une voix de démon. Et soudain, une violente secousse... Comme si la paroi du labyrinthe maintenait la pression d'air interne, à présent qu'elle n'est plus, s'ensuit l'effet d'aspiration d'air, entraînant dans un espace de ténèbres les trois infortunés guerriers.

 

-"Hahaha... La forteresse d'Azura est en réalité un labyrinthe dimensionnel..."

 

-"Et vous venez de rompre la barrière vous séparant de la réalité..."

 

-"Vous venez véritablement de vous jeter dans la gueule du Lion..."

 

C'est une autre voix qui vient de parler, une voix de femme, celle là.

 

-"Qui êtes-vous ?!" hurle Sergueï dans le vide, bien qu'au fond de lui-même la réponse soit déja inscrite.

 

"Les Généraux Démoniaques d'Arès." répondirent simultanément cinq voix fantomatiques.

 

Une nouvelle fois, ce lieu onirique, le pentacle démoniaque, semblant flotter dans l'univers tout entier. A chaque pointe, une silhouette parée d'une armure sombre. Au coeur de la figure satanique, trois hommes vêtus d'armures dorées semblent pris au piège.

 

"Eh bien Sergueï... Nous nous faisons de nouveau face... J'espère que tu es prêt cette fois..."

 

Cette voix, le dénommé Sergueï ne peut pas l'ignorer. Jared de Pégase vient de parler, sa voix emplissant l'espace.

 

Deux des guerriers sous la bannière de Poséïdon se mettent en garde, concentrant leurs énergies. Pourtant, seul Sergueï reste impassible, fixant de ses yeux noirs la silhouette sombre d'un des Généraux.

 

-"Jared... Avant de combattre, je veux savoir une chose... Tu as toujours dit que tu voulais prendre ta revanche sur le Sanctuaire..."

 

Les mots sont pleins de sens, et le silence se fait autour des deux anciens Chevaliers Noirs... Mais l'ombre silencieuse parée de l'armure maléfique de Pégase ne réagit pas.

 

"Et maintenant... Maintenant, tu l'as obtenue! Alors pour quelle raison te bats-tu encore pour Arès ?!"

 

A ces mots, le visage du Chevalier Démoniaque parut se durcir, et l'hésitation se fit sentir... L'absence de réponse trahit clairement ce fait... Et dans son esprit résonna cette inaudible voix... Cette voix que seul Jared pouvait entendre... Cette voix qui martelait sa conscience.

 

"Tu ne dois pas douter..."

 

"Ta vie est à Arès...

 

"Il est celui qui te rendra ta véritable identité..."

 

"BATS-TOI!!!!!!!!"

 

Sergueï jura voir un sourire carnassier se dessiner sur ses lèvres, malgré les ténèbres omniprésentes.

 

-"Hin hin hin... Mais tu n'as pas compris... Comme Arès, ce que je veux, c'est l'humanité entière!" répliqua la voix désincarnée du Chevalier Démoniaque de Pégase.

 

(Sergueï) -"Mensonges... Jared..."

 

Son poing se crispe, signe de colère intense.

 

"QUI ES-TU POUR PENSER ME BERNER AVEC CES MOTS ?!"

 

"Hahahahaha... Nous allons faire découvrir l'abime de la souffrance éternelle à l'humanité entière..."

 

La voix fantomatique du Chevalier Démoniaque résonne, comme ci ce dernier n'avait pas entendu les mots de son interlocuteur. A cette réponse, digne d'un fanatique possédé, Sergueï comprend que le dialogue est désormais inutile... D'un geste vif, Jared pointa son épée vers les trois Généraux, imité par ses démoniaques comparses, ignorant totalement les mots de celui qui avait été jadis son allié.

 

"Et nous allons commencer par vous!" répondirent les cinq ultimes guerriers d'Arès en choeur.

 

L'horreur s'afficha sur les visages des trois Généraux Mariners. L'horreur de celui qui sait qu'il est face à un ennemi mille fois plus fort que lui. Mais cette sensation ne dure pas. Le guerrier expérimenté a appris à dominer sa peur, et à la mépriser pour ne pas perdre la maîtrise du combat. Usant de ce précepte, chacun parvient à surmonter la terreur d'un instant... Un instant, un temps mort qui peut être fatal.

 

"DEMON SWORD'S DEATH RIPPLE!!!!!!!"

 

Et des cinq épées forgées par Arès surgirent les meurtrières ondes de choc capables de prendre la vie en une fraction de seconde. En même temps jaillirent les puissantes cosmoénergies des Mariners, entrant en contact avec l'onde meurtrière...

 

Afin de briser une vague d'énergie, il faut projeter une quantité égale d'énergie dans la direction inverse. C'est un principe physique extrêmement simple, mais le mettre en oeuvre n'est pas forcément possible. L'autre option consiste à dévier une partie de cette énergie en la canalisant.

 

Et ce qu'on fait ici les Mariners de Poséïdon a eu pour conséquence d'absorber une part de l'onde de choc, et de dévier le reste dans l'espace...

 

"Comment ?!"

 

Alors que l'énergie se dissipe, le spectacle qui s'offre aux Généraux est pour le moins surprenant. Les trois Généraux de Poséïdon, les trois guerriers en écaille dorée se sont disposés en triangle, les mains liées, leurs trois cosmos en un pour former une barrière, celles qui sont vulgairement appelées "Kekkaï". Si les trois guerriers n'ont pas été balayés, ils le doivent à leur barrière et à leurs armures, dont l'état s'est à présent bien dégradé... Criblées de fissures, mais toujours vaillantes et fières...

 

-"Hin hin hin... J'aurais du me douter que le Death Ripple ne marcherait pas... Sorento de la Sirène était déja parvenu à le parer..."

 

Jared parle en ces mots, de sa voix méprisante, mais semblant distante et effacée.

 

-"Généraux de Poséïdon, vous ne résisterez pas plus longtemps... Vous êtes dévorés par vos propres émotions..."

 

C'est la perfide Eris qui vient de parler, semant la perplexité dans les coeurs des guerriers.

 

-"Et par dessus tout, vous empruntez vos pouvoirs où bon vous semble pour atteindre vos objectifs... Hin hin..."

 

L'éclat de rire sinistre de Deimos le démoniaque général retentit dans l'espace...

 

-"Pour vous, ce qui recouvre vos corps en cet instant n'est qu'une vulgaire protection... Mais êtes-vous seulement conscients du pacte que vous avez conclu ?"

 

-"En fait de guerriers sacrés vous n'êtes que des opportunistes..."

 

-"Pour vous le camp à suivre est donc le camp qui vous offre sa protection ?"

 

-"Shiva, Alexer, Sergueï... Vous trois n'avez aucune foi en Poséïdon... Vous n'avez choisi de le servir que pour expier vos propres crimes passés..."

 

Phobos, Général de la Peur, semble fixer celui qui était le plus fort soldat de son régiment d'un regard lourd.

 

-"Toi, Shiva, as revêtu l'Ecaille de Chrysaor pour expier tes crimes de Berserker et les erreurs de ton frère..."

 

A ces mots, surgissant de nulle part, une chaîne de métal rouge sang s'abat sur Shiva, puis une seconde, une troisième et enfin une quatrième, l'enchaînant totalement par les quatre membres.

 

Nemesis désigne à son tour le Général du Kraken. Alors qu'une étincelle d'énergie part de l'index du Général d'Arès, une nouvelle fois les chaînes maléfiques apparaissent, emprisonnant le Mariner.

 

-"Toi, Alexer, a pris la vie de nombreux innocents... Et maintenant tu cherches la rédemption avec cette Ecaille du Kraken... Bien pitoyable en réalité... Ces émotions sont un délice pour nous..."

 

Comme par magie le visage de son père fendu en deux apparaît dans sa mémoire, ainsi que tous les Blue Warriors vaincus et blessés à mort par Hyoga.

 

C'est le doigt accusateur de Jared qui s'abat sur Sergueï... Alors que de nulle part surgissent les mêmes chaînes emprisonnant le Mariner.

 

-"Et toi Sergueï... Réponds-moi... C'est toi même qui a dit au Chevalier du Renard que la force, d'où qu'elle provienne, méritait d'être utilisée pour une autre cause... Les êtres de votre espèce, ont moins encore d'honneur que les Berserkers... QUE LE JUGEMENT DEMONIAQUE SOIT RENDU!"

 

A ces accusations, aucun ne parvient à trouver de réponse. Car face à la vérité atroce, la vérité qu'on a tenté de dissimuler au plus profond de soi, la réponse est parfois infiniment plus douloureuse qu'un millier de coups.

 


 

Une autre partie du labyrinthe. Et au coeur du couloir, une silhouette en armure dorée étincellante, parée d'ailes majestueuses...

 

Le porteur de l'habit divin est un jeune homme aux cheveux chatain, courant à travers le labyrinthe depuis un temps qui semble pour lui une éternité. C'est Aiolos du Sagittaire, à l'armure reconnaissable entre mille.

 

"Etrange... On dirait que quelque chose me guide..."

 

Soudain, une issue. Le couloir s'élargit, donnant dans une pièce semblant immense en comparaison avec le couloir. Mais le Chevalier d'Or du Sagittaire n'a pas le temps d'observer la salle où il vient d'arriver, que déja une flèche rouge sang se fiche dans le sol à ses pieds.

 

"Je t'attendais, Aiolos..."

 

-"Et à qui ai-je l'honneur ?"

 

-"Lilith de Lamie... Seigneur d'Azura aux ordres de Nemesis..."

 

Celui qui est né en Grèce et qui connaît la mythologie ne peut s'empêcher de tiquer au nom de l'entité représentée par cette armure. Protection sommaire, mettant en valeur les formes de la guerrière, dissimulant son regard, et parées d'ailes évoquant un vampire. Et maintenant qu'il a l'occasion de se concentrer sur son environnement, il remarque que la silhouette de celle qui est son adversaire se superpose à la fresque macabre gravée sur les murs.

 

"La Lamie... Un monstre assoifé de sang qui dévorait ses enfants... Et qui avait enfanté de Scylla et Charybde... Et Lilith, la première femme d'Adam avant même Eve selon la Caballe..."

 

Tels sont les faits représentés sur la fresque, accompagnés de gravures sanglantes représentant d'innombrables cadavres, dominés par une silhouette féminine aux ailes de vampire éclipsant jusqu'au soleil.